Nicolas Ker

Dimanche 11 mars à 17h

Centre social de Marmiers, Aurillac

La chronique de Philippe

La sulfureuse réputation de Nicolas Ker, totalement ingérable en interview, et pire que ça en plateau TV, ne semble pas usurpée, au vu de ses frasques relayées sur YouTube. En Belgique, on l’y entend affirmer, l’air goguenard, que la seule ville d’Europe assez surréaliste pour accueillir ses idioties, c’est Bruxelles.

Mais ça, c’était avant Hibernarock. Oser le concert-rencontre avec un tel énergumène au Centre Social de Marmiers, THIS IS ROCK’N ROLL ! Et les cantalous de détrôner les belges au hit-parade du surréalisme. Pourtant, si j’ai entouré cette date au feutre rouge, ce n’est pas mû par le goût du scandale, mais par l’authentique admiration que l’artiste m’inspire.

Il faut écouter son brillantissime album solo, Les faubourgs de l’exil, un pur bijou. Et de son improbable collaboration avec Arielle Dombasle est née une vraie petite merveille, La rivière atlantique. Ce musicien me touche, m’émeut profondément.

Pendant que les élèves du Conservatoire nous servent deux rocks réjouissants de fraîcheur, Nicolas Ker titube déjà dans la salle, agrippé à sa vodka. Puis le voici qui monte sur scène, presque à quatre pattes, accompagné du guitariste et du violoniste qui forment son trio. Sur un fil volontairement court, les petites perles de l’album sont enfilées les unes après les autres. Le violon exubérant, la guitare plus discrète, et la voix mélancolique du chanteur font honneur à la beauté de l’écriture.

Mais l’état pitoyable du dandy dégingandé crée le malaise, et rend impossible un partage authentique avec la salle. Dans ce voyage au bout de l’ivresse et de la détresse, le rappel nous offre une réjouissante surprise. Le jeune batteur du Conservatoire est appelé sur scène pour un bœuf très enlevé, qui n’en finit plus, de peur que ce fragile instant de bonheur ne s’échappe trop vite.

Les bénévoles ont servi un beau buffet pour accueillir la rencontre, et verre de Birlou à la main, j’avise monsieur Ker, déambulant hagard parmi son public. Je vais droit à sa rencontre, du moins pourrai-je lui dire merci pour ses superbes compositions. C’est bien ce que je tente de faire, mais ses réponses inarticulées finissent de me coller le bourdon.

En quittant la salle, je remarque, solitaire sur le parking déserté de Leader Price, le violoniste tirant sur sa cigarette. Drôle d’endroit pour une non-rencontre…


La chronique de Valérie

Nicolas nous entraîne indéniablement dans ses Faubourgs de l’exil un album magique. Il provoque une irrésistible attraction entre son public et lui, authentique rocker sa voix nous passionne et son jeu de scène est extraordinaire. Je suis comme une étrangère scotchée à sa voix hyper changeante d’un son mélodieux à une note grave.

On ressent chez l’artiste un immense besoin de provoquer un fort lien avec son public, il fait tout tout pour nous séduire et il y arrive admirablement. On pourrait lui trouver des airs à la Gainsbourg. Il est entouré de ses deux musiciens virtuoses dont le violoniste Henry Graetz qui allie à la perfection ses notes à la poésie frénétiquement rockeuse. Nicolas Ker passe agréablement du rock à l’électro digne d’un artiste de génie, je payerais cher pour le revoir en concert.


 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *