Sarah Mccoy

Jeudi 15 février à 20h30

Médiathèque d'Aurillac

Pour affronter l’hiver sans trop déprimer, nos anciens dans leur sagesse nous ont transmis la recette de la truffade, au feu du cantou, à déguster sur l’archabanc. Loués soient les aïeux ! Mais voici qu’une nouvelle tradition est née en terre cantaloue, et nous apporte un surcroît inespéré de chaleur pour tenir bon au cœur du frimas. Loué soit Hibernarock !

Dès que le programme a été dévoilé, j’ai copié-collé nerveusement tous les noms sur YouTube (et oui Laurent, nous n’avons pas ta culture !), et je suis tombé nez à nez sur cette vidéo tournée dans un bar :

J’ai décidé que c’était le concert à ne pas rater. Et pour ne pas le rater, mieux valait arriver tôt, la diva et son piano ayant été assignés, pour ne pas dire confinés, dans la petite salle de la médiathèque. Or les places n’étaient pas réservables, sauf pour les vainqueurs d’un tirage au sort réservé aux abonnés de Télérama !

L’artiste est arrivée par derrière, et fendant la foule, s’est égayée qu’elle soit si nombreuse, avec une première surprise : l’américaine parle français ! Je crois même comprendre qu’elle vit en ce moment à Paris. Une fois sur scène, deuxième surprise : la Nina Simone réincarnée en punk à chiens des Inrocks va nous servir non pas son ragtime déjanté, mais un blues tout en introspection, de longues balades doucement jazzy, intensément habitées, d’une densité sidérante.

Entre deux morceaux, Sarah Mccoy évoque les blessures du passé dans une sincérité toujours teintée d’humour, puis se jette alors sur son piano pour exorciser de sa voix, immense et délicate. Penchée sur son clavier, la musicienne dévorerait presque son instrument, fusion définitive, unité rétablie. Sous le couvercle du piano, ne serait-ce pas son cœur qui bat contre les cordes ?

Ce soir, c’est plutôt cette Sarah Mccoy qui s’offre à nous, dans une exubérance toute contenue…

C’est un blues des profondeurs, brut et virtuose à la fois, d’où irradie une émotion qui traverse le public, entre bouche bée et sourires tendres. Comment ne pas être touché par cette femme, qui nous dévoile ses fragilités avec cette force et cette maîtrise ?

C’était vraiment le concert à ne pas rater pour se réchauffer le cœur…

 


 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *